Il arrive dans la vie de rencontrer des problématiques liées à sa sexualité. Qu’il s’agisse de l’émergence d’un symptôme ou encore d’une baisse ou perte de libido. Ces problématiques peuvent survenir après un traumatisme, qu’il s’agisse d’un abus, une agression ou encore une violence gynécologique ou médicale, un contexte familial difficile, une première fois qui se passe mal… Votre inconscient va alors cristalliser ses peurs en mettant en place des stratégies de préservation qui ne sont pas toujours écologique ou facile à vivre. Bon nombre de symptômes prennent leur source psychiquement. Ainsi l’éjaculation précoce, le vaginisme, le manque de désir, l’incapacité à obtenir du plaisir, des douleurs… etc, L’inconscient semble avoir une imagination sans limite pour s’exprimer et rappeler à son hôte qu’un évènement n’est pas réglé.

Le sexothérapeute est là pour vous accompagner dans la résolution du problème et vous permettre de retrouver une qualité de vie et un épanouissement naturel.

Petite histoire de la sexothérapie

En fait, notamment en France, les premiers courants de sexologie datent des années 1930 et sont médicaux, souvent liées à la gynécologie, voir l’obstétrique, avec la création, en 1931, de l’association d’études sexologique, grâce à Edouard Toulouse.

Cette approche médicale est assez froide et mécanique mais nous pouvons noter un grand tournant dans à la fois la sexualité et son approche médicale ou thérapeutique avec l’arrivée des années 70. 

Pourquoi ? Tout simplement grâce à l’arrivée de la contraception orale et la libération de l’avortement. La sexualité pouvait donc être une source de plaisir sans les contraintes d’une problématique d’engagement sur 30 ans… A cela s’ajoute, en 1966, la parution d’un ouvrage majeur, de deux psychiatres américains, Master et Johnson : « Human Sexual Response », traduit et publié en France en 1966… Le travail de ces deux personnes a été une révélation pour les sexologues français !

Nous allons mettre les choses au clair, Il y a une différence entre amour et désir. Nous pouvons aimer quelqu’un que nous ne désirons pas ou encore désirer une personne sans l’aimer… C’est aussi là qu’entre en jeux la morale, la famille, la culture… Mais, le désir n’existe que dans la distance qui sépare les êtres. C’est pour cela que le désir se cultive, s’entretient… Il est un engagement émotionnel.

La conscience que nous avons de nous-même nous permet de prendre conscience aussi de nos différents corps. Notre corps physique, et notre corps émotionnel, c’est-à-dire la différence entre notre corps fonctionnel (le corps que j’ai) et le corps que je suis, la façon dont je vais l’investir et, du coup, comment je vais investir le corps de l’autre. En général, le désir est alimenté par le manque, nous désirons ce que nous ne possédons pas… Voilà qui est bien humain, n’est-ce pas ? Il est aussi important que le désir est expansionel, il comprend aussi la dimension fantasmatique. Le cadre, qu’il soit moral, ou familial, ou légal est aussi fait pour contenir le désir, pour pouvoir l’exprimer d’une manière « écologique » pour soi comme pour les autres. De plus le fantasme ne doit pas toujours être réalisé. La réalisation du fantasme assèche l’imaginaire en général.

Revenons à l’histoire de William Masters et Virginia Johnson.. William Masters est né en 1915. Il était gynécologue. Il était assez académique jusqu’au début de ses recherches en sexologie, en 1957. C’est là qu’il a été rejoint par la psychologie Virginia Johnson, née en 1925. Ils ont fait une grande phase de recherche clinique… Le but était d’analyser la réponse sexuelle tant féminine que masculine. Ils ont ainsi décrit le cycle sexuel avec les phases d’excitation, la phase de plateau, l’orgasme et la résolution… Avec une fragilité de l’orgasme féminin… Il suffit qu’une porte claque ou qu’il se passe quelque chose pour que la femme cesse son accès à l’orgasme alors que quand c’est parti, pour l’orgasme masculin, il avance jusqu’à la résolution…

Ils ont expérimenté eux-mêmes leurs recherches pendant cette période. Ils ont fini par divorcer de leur conjoint respectif et par se marier ensemble… Ils ont ouvert une clinique pour traiter les troubles sexuels de couples.

Pour ce couple de médecins, retrouver le désir dans le couple, passe par retrouver le plaisir du toucher sensuel dans le couple en dehors de la sexualité… En fait, retrouver le désir par une phase d’éloignement pour recréer l’attente, l’envie de l’autre… Et comme je te l’ai dit, leur ouvrage, Human Sexual Response,  a été majeur dans l’évolution de la sexothérapie.

Williem Reich, voilà un personnage subversif et passionnant !!! Il s’agit d’un psychiatre autrichien qui se situe dans la veine de Freud, il en est d’ailleurs un de ses élèves, mais là où Freud restait dans le psychisme Reich lui axait tout sur le corps, tout en replaçant l’individu dans son contexte culturel, familial et social notamment. Il définit l’individu comme un être bio-psycho-social. Il faut bien noté que Reich est né en 1897, en Autriche. Il a ensuite émigré aux Etats-Unis. Il a dirigé un séminaire de sexologie en 1921, c’est là où nous constatons qu’il a été précurseur ! Il a ensuite évolué (dans la foulée d’ailleurs) dans l’énergétisme, en créant le concept des cuirasses émotionnelles. Ce serait comme des ceintures qui bloqueraient les émotions sur des endroits du corps. Si on recoupe avec la position des chakras orientaux, c’est sur les mêmes endroits. Cependant, surtout à l’époque, ce n’était ni courant, ni vraiment admis, même s’il n’était pas le seul, Karl Jung différait lui aussi de la pensée Freudienne, dans un domaine spirituel pour sa part… Bref, revenons à Reich… En 1924 il s’intéresse aux travaux Marx et d’Engels (philosophe socialiste ami de Marx). Il veut prouver l’origine sociale des maladies mentales et nerveuses. En 1927, il publie l’ouvrage : « la fonction de l’orgasme », pour Reich, l’énergie sexuelle, la libido freudienne, est une énergie vitale trouvant son expression dans la génitalité… puis, il publie « l’analyse caractérielle » dont je te parlais tout à l’heure et qui marque sa rupture avec Freud. Il accuse les psychanalystes de vouloir domestiquer le sexe, de trahir quelque part la libido. Nous trouvons encore ici un parallèle avec Jung, dans ce débat sur la sexualité. Reich est passionné par la révolution communiste et il mêle CSP et sexualité, il crée des cliniques d’hygiène sexuelle. Pour lui la lutte sexuelle peut être assimilée à la lutte sociale. Cependant ses thèses libertaires irritent autant les communistes que la bonne société psychanalytique. Vers 1933, il publie une œuvre importante :  La Psychologie de masse du fascisme, dans laquelle il explique le fascisme par une insatisfaction sexuelle des masses… En fait il a repris là le travail de Gustav Le Bon… Le travail de Reich a pris ensuite un angle nouveau qui va faire du bruit dans le monde entier et sera repris dans les années 1970, et ce n’est pas un hasard ! Ensuite, pour faire court, il va s’installer en 36 en Norvège et créer l’institut de recherche biologique d’économie sexuelle et s’orienter vers la végétothérapie (l’analyse du caractère) qui va devenir orgonothérapie, reprenant nos fameuses cuirasses caractérielles. Les raideurs du corps vont être le symptôme de la problématique émotionnelle. La sexualité et l’orgasme deviennent alors des régulateurs de l’énergie psychique de l’organisme. En 1939 il part aux Etats-Unis, dans le Maine. Là, il crée des machines sensées capter l’énergie vitale des orgasmes, dans l’air, et la stocker pour guérir ses patients. Il a rencontré Einstein qui était plutôt négatif sur les recherches de Reich… A partir de 1942, il a été attaqué de toute part, traité de schizophrène, et d’escroc, à cause de ses machines d’accumulateur d’Orgone (énergie orgasmique), il refuse en 1954 de répondre à une citation en justice qui doit juger de son appareil. Du coup, ayant vexé les juges, un juge le condamne au pénitencier en mars 1957 où il mourra en novembre de la même année. Le juge a ordonné de bruler tous ses écrits ! Malgré ses dérives il a été à l’origine de la prise en compte de l’éducation sexuelle des adolescents, en Autriche, et il a marqué le XXème siècle, car d’une part son approche était bien plus proche de la sexologie que de la psychanalyse et d’autres part sa théorie concernant l’analyse du fascisme a marqué son époque! Certaines thérapies sont issues de son travail, comme la gestaltthérapie. Pour lui la révolution sexuelle était obligatoire et elle est arrivée, dans les années 70, d’où la reprise de son travail dans ces années là par de nouveaux chercheurs.

Evoquons maintenant Suzanne Képès ! Son travail est beaucoup plus sage, mais important…  C’est une femme très engagée, immigrée lituanienne en France, qui, dès ses 13 ans à organisée une réunion en faveur du droit de vote des femmes ! Elle est née en 1918 et sa famille paye un lourd tribut à la seconde guerre mondiale, par déportation. Elle est devenue médecin et entre 1956 et 1973 elle a été une militante au mouvement français pour le planning familial. Elle a lutté contre la dépénalisation de l’avortement. Elle s’est intéressée aux effets de l’utilisation de la contraception sur les couples, puis a continué sa carrière dans l’enseignement de l’éducation de la sexualité auprès des internes d’hôpitaux et autre professions médicales. J’avais envie de la citer car elle est à l’origine du DU de sexologie de l’université de Bobigny et c’est une avancée après notre sombre 19ème siècle et début de 20ème !!!

Mais je vais également citer ici Gilbert Tordjemann qui était un médecin gynécologue et pédiatre Français qui a appliqué l’hypnose aux problématiques liées à la sexualité. Il a également été promoteur de l’éducation sexuelle des adolescents

Maintenant, parlons de la femme dans ce développement de nos connaissances de la sexualité… Il y a bien longtemps les humains pensaient que c’était la lune qui donnait aux femmes leurs enfants. Les choses se sont compliquées pour les femmes quand les hommes ont compris leur rôle dans l’enfantement. Surtout que les femmes possèdent le seul organe dédié uniquement au plaisir et à rien d’autre : le clitoris. Et du coup les hommes ont commencé à vouloir contenir la sexualité féminine avec Freud en tête de liste. Et même si au moyen âge les humains pensaient que pour faire de beaux enfants il fallait que les femmes aient de beaux orgasmes… les ennuis ne faisaient que commencer !

Si nous reprenons l’histoire à partir de Freud, même si ce médecin est le premier à faire le lien entre des traumatismes de la vie (émotionnel) et des maladies mentales et autres somatisations, il a aussi créé l’observation des hystériques avec une vision étriquée et bourgeoise de la femme. C’est lui qui a commencé à parler d’une différence entre les orgasmes de petite fille (clitoridien) et de femme (vaginal), c’est de la foutaise en fait, cela n’existe pas. Tous les orgasmes viennent de l’excitation du clitoris qui n’est pas un tout petit bouton caché dans un replis mais bien un organe qui mesure entre 8 à 12 cm de long, complexe et magnifique et le point G n’est que la sensibilité du coude du clitoris qui pousse la paroi vaginale !

Voilà, ça s’est dit !

Mais ça rassurait Freud et les hommes de penser que la pénétration pouvait apporter plus de plaisir. C’était un peu simpliste en fait… Mais pas si grave que cela, sauf que du coup, effet pervers, ça met la pression sur les hommes alors que les choses sont plus simple, voilà tout ! Et certains hommes ont eu peur de ce « trop » qu’est l’orgasme féminin. Cette question du contrôle, de la contenance fait aussi beaucoup de dégât chez les femmes. L’orgasme féminin est une permission que la femme se donne… Nous avons à gérer un héritage du 19ème siècle qui a été un siècle sombre pour les humains. L’église s’est mêlée de la sexualité des couples, voulant interdire le plaisir ce qui a été vraiment terrible et contre nature. Puis après la première guerre mondiale il y a eu un assouplissement de ce contrôle du plaisir, cela s’est ré-endurcit dans les années 50 et 60 pour exploser dans les années 70, comme je l’évoquais au début de cette émission, grâce aussi à la contraception orale et à l’IVG. 

Je vais remonter encore un peu dans le temps pour évoquer l’hystérie féminine… Les médecins répertoriaient 1 cas d’hystérie masculine pour 10 cas féminins… C’était vu, à certains moments comme une œuvre du diable, et les femmes étant de pauvres choses, le diable s’attaquait à elle… Ben voui… L’hystérie pouvait être dû, pour les médecins par l’abstinence sexuelle. Tout ça date de 2000 ans quand même et est revenu régulièrement sur le devant de la scène ! Avec des variantes, possessions, sorcières, puis au XVIème siècle, on parle de la toxicité du sexuel, trop de passion, d’émotion et puis les hommes découvrent l’ovulation… Les femmes ont leur part dans la conception, et ça ne leur plait pas du tout à ces médecins ! C’est un ensemble de symptôme flou, dépressif, un fourre-tout féminin… Charcot remet en question tout ça, se demandant si finalement c’est bien ce qu’ils pensaient… Mais ce qui est rigolo c’est que pour traiter l’hystérie des médecins ont mis en place une thérapie à base de masturbation… Et oui ! c’était à la fin du 19ème siècle… Ils massaient la vulve de leur patiente, à la main pour leur permettre les orgasmes régulant leur hystérie… Un jeune médecin ayant des crampes a inventé un appareil électrique pour faire le boulot à sa place : le percuteur… Le premier vibromasseur de l’histoire ! c’était en 1878… Et dans le même temps la masturbation était interdite et contre-indiqué tant par la religion que par les médecins… La masturbation était chose médicale… LOL… Mais ils disaient qu’il n’y avait rien d’érotique dans ce principe, donc c’était une bonne chose dans ces conditions… La sexualité féminine était considérée comme une pathologie et l’orgasme féminin était un état de crise hystérique… reproduit en cabinet pour les besoins légitimes du traitement. Du coup le vibromasseur a été démocratisé et qu’au début du 20ème siècle il devient le 5ème appareil électroménager le plus vendu dans les foyers ! Dans les années 1920 le vibromasseur apparait dans des films pornographiques et les médecins abandonnent la pratique… 

Maintenant, ce contrôle du plaisir féminin va encore plus loin, avec toutes les pratiques d’excisions qui vise à s’assurer la soumission totale de la femme, évitant qu’elle n’aille ailleurs grâce à une absence de total de plaisir. Les excisions et infibulation vont de la simple ablation du prépuce du clitoris à l’ablation total de l’organe ainsi que les grandes et petites lèvres et de la vulve. C’est une problématique complexe et tribale, et non religieuse,  elles sont pratiquées par des femmes, des mères… Les pervers font faire le boulot par leur victime, en général… Il existe 2 millions de femmes mutilées de la sorte dans le monde, 3 millions de plus chaque année… et en France, il y aurait 60 000 à 80 000 femme et jeunes filles concernées. Alors attention, les problèmes pour ces femmes ne sont pas que de l’ordre du plaisir mais de la douleur, constante, sans compter le traumatisme psychologique. C’est aussi une cause de mortalité à l’accouchement car la zone devient un tissu cicatriciel : il n’y a plus de chairs élastiques pour favoriser l’accouchement mais une grosse cicatrice…

Et là, ayons une pensée pour Denis Mukwege. Un film à été tiré de sa vie « L’homme qui répare les femmes- la colère d’hippocrate » Il répare des femmes violées, des fillettes… Il a été menacé de mort, il y a eu des tentatives de meurtre sur sa personne 

Alors, que fait le sexothérapeute aujourd’hui ?

Il arrive dans la vie de rencontrer des problématiques liées à sa sexualité. Qu’il s’agisse de l’émergence d’un symptôme ou encore d’une baisse ou perte de libido. Ces problématiques peuvent survenir après un traumatisme, qu’il s’agisse d’un abus, une agression ou encore une violence gynécologique ou médicale, un contexte familial difficile, une première fois qui se passe mal… Votre inconscient va alors cristalliser ses peurs en mettant en place des stratégies de préservation qui ne sont pas toujours écologique ou facile à vivre. Bon nombre de symptômes prennent leur source psychiquement. Ainsi l’éjaculation précoce, le vaginisme, le manque de désir, l’incapacité à obtenir du plaisir, des douleurs… etc, L’inconscient semble avoir une imagination sans limite pour s’exprimer et rappeler à son hôte qu’un évènement n’est pas réglé.

Le sexothérapeute est là pour vous accompagner dans la résolution du problème et vous permettre de retrouver une qualité de vie et un épanouissement naturel.