Et si nous étions des créateurs de monde ? Et si notre volonté, notre libre arbitre pouvait nous permettre de choisir notre vie ? Marinadela et Aurora, deux concepts utopiques réalisés dans un monde en mutation !

 

Impossible d’échapper aux informations mortifères débitées par les médias jours après jours. Nous sommes angoissés et stressés par un monde chaotique. Cependant, serait-il possible que dans les ruines de cet ancien monde se dessine autre chose ? Un mouvement d’une humanité plus autonome qu’on pourrait le croire ? Des ferments d’une société alternative qui ne soit pas sectaires ? Voilà qui ouvre un champ des possibles nouveau et porteur d’espoir !

 

Le premier monde alternatif est Aurora, créé en 1968 par une française, Mirra Alfassa (de son vrai nom Mirra Richard). Son surnom était la mère et elle était la compagne spirituelle du philosophe indien Sri Aurobindo. Elle exprimait son projet dans ces termes : « le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités».

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Afin de rendre viable le lieu désertique choisi par Mirra, nommé « la mère », de nombreux arbres ont été plantés. Ainsi, de nos jours, la ville est entourée d’une épaisse jungle. La population issue d’une trentaine de pays s’organise en unité de travail, l’agriculture, l’informatique, l’éducation, la santé, l’artisanat, etc…

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La ville était prévue pour 50 000 personnes, elle en compte aujourd’hui 20 000, ce n’est pas si mal. Aurora oscille entre principes humanistes (la propriété est abolie et le magasin coopératif est organisé pour permettre une consommation simple) et réalité de notre monde (l’argent n’est pas complètement abolie, même si aucun argent liquide ne circule dans la ville). Ce qui est remarquable, c’est la beauté du lieu. La ville me fait un peu penser aux images d’Atlantide dessinées par Platon.

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Au centre se trouve le Matrimandir, une immense salle de méditation aux allures futuristes mais donnant une énergie incroyable au lieu !

 

Le deuxième exemple d’une ville libre et différente est celle de Marinadela, en Espagne. L’origine de l’émergence de cette ville est très différente mais férocement intense. L’histoire de la région est marquée par la féodalité. La terre de Marinaleda appartient pendant du 13ème au 19ème siècle au premier marquis d’Estepa qui acquit ces terres sur don du roi Philippe II. Sur ces terres la population qui y vit est constituée de journaliers agricoles sans terre qui travaillent pour les grands propriétaires terriens. En 1931, sur 2318 habitants, seuls317 ont le droit de vote. La période de la guerre civile franquiste est sanglante et pénible. Après la guerre, la population est en proie à la famine. Avec la mort de Franco en 1975, la dictature recule et en 1977 est créé le syndicat des travailleurs de la terre (Sindicato de Obreros del Campo). L’année suivante commence une lutte sans merci pour la terre avec l’occupation de la ferme de Bocatinaja durant deux jours. Mais la lutte dura bien plus longtemps, l’occupation des terres d’une population qui n’avait rien à perdre permis l’obtention d’une plus grande démocratie.

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En 1979 le collectif d’Unité des Travailleurs obtient 9 des 11 sièges du conseil municipal, lors des élections. Juan Manuel Sanchez Gordillo, âgé tout juste de 27 ans devient maire. Il réchappe de peu, la même année à une tentative d’assassinat de la part de l’extrême droite espagnole. La lutte continue avec, en 1980, la grève de la faim de 700 habitants pendant 13 jours. Les actions d’occupation des fermes appartenant à de grands propriétaires terriens se développent également. Pour raccourcir ces explications, il faudra attendre 1991 pour que le duc de l’infantado lâche un peu de terres, 1200 hectares. La lutte ne s’arrête pas pour autant, et continue jusqu’en 1994.

 

En bref, les terres sont encore aujourd’hui cultivées en coopérative. Une conserverie a été montée pour transformer la production locale et un moulin a été créé pour produire l’huile d’olive. La crise de 2008 affecte toute l’Espagne, sauf Marinadela, qui connaît un taux de chômage de 0% ! Le système social et politique a été mis en œuvre pour le développement et le bien-être de ses habitants. Il est à noter que là aussi, l’accès aux logements est aisé et peu cher. En ce qui concerne le système local, le maire de la ville, toujours inchangé explique que celui lui : « si le modèle de Marinadela ne s’exporte pas, c’est par manque de volonté politique et d’intérêt… Il nous a fallu trente ans pour en arriver là. Pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que ce sont nos solutions qui marchent. La spéculation immobilière, elle, ne pouvait rien donner de bon. C’est la cupidité qui a plongé le monde dans la crise. Les gens sont surpris lorsqu’ils voient qu’ici, il n’y a presque pas de chômeurs et que tout le monde a sa propre maison. Mais c’est pourtant ça qui est normal. Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs. Et qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite».

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Le maire et les autres élus de la ville ne reçoivent aucune rémunération au titre de leur charge. Toutes les décisions de la municipalité sur l’impôt, le logement, l’emploi, les équipements, etc. sont soumises à la discussion et au verdict du peuple qui vote à main levée, et parfois par scrutin secret, au cours d’une centaine d’assemblées générales ou assemblées de quartier qui ont lieu chaque année.

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Tout n’est sans doute pas parfait, mais le système a le mérite d’exister et de perdurer en offrant une alternative au modèle économique sévissant dans le reste du monde.

 

Ces deux exemples montrent que nous pouvons, et nous devons rêver notre monde autrement. Cependant, cela veut aussi dire un choix conscient, une volonté d’abandonner le pouvoir personnel, celui qu’on voudrait avoir sur les autres, le consumérisme ou encore les possessions, en tout cas toutes celles qui seraient superflues… Mais après tout, sommes nous heureux dans le monde actuel ? Pouvons nous accepter les injustices flagrantes, les harcèlements qu’ils soient scolaires ou en entreprise ? Le stress oxydant nos corps et nos âmes ? Et notre monde actuel est-il une fatalité ? Après tout, ce système n’existe pas depuis la nuit des temps Ce serait plutôt l’inverse. Toutes les sociétés anciennes, dites premières, sont basées sur la communauté et le bien-être de ses membres. Avons nous besoin d’une alimentation saine et de repos ou de jeux vidéos et de bigmac et autre nourriture synthétique ?

 

Il existe quelques reportages sur ces lieux que vous pourrez retrouver sur youtube, à vous d’aller vous faire votre opinion…

 

En attendant, rêvons, imaginons, et peut-être qu’une nouvelle société émergera car après tout il est dit que le chaos est la porte d’entrée à toute réorganisation. Aussi, le chaos que nous percevons, aux travers des informations et autres évènements de notre monde, est peut-être une bonne nouvelle, un signe que les choses changent… Si nous le voulons…

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